Barjac

Barjac matin

Et la nuit se dissout dans une brume pâle

Le soleil fait de l'oeil entre les volets mi-clos

Les oiseaux se moquant du sommeil des cigales

Tandis que passent au loin les chèvres et leurs grelots

 

20150724 0700321

 

Le chat faisant son tour matinal en cuisine

Contemplant de nos tasses s'élever la fumée

Sur la table dehors un cageot d'aubergines

Posé comme une offrande à nos livres fermés

 

Des matins silencieux aux heures apéritives

Des bouteilles qui tintent des verres entrechoqués

Une envie de fraîcheur, de vent, de source vive

D'un long fleuve intranquille bousculant ses quais

 

Au détour d'une route de villages et falaises

Une modeste rivière coulant sur les cailloux

Il faut croire que la Cèze rimait avec ascèse

Pas plus qu'un filet d'eau sous le soleil voyou

 

images/stories/20150724_0700321.jpg

 

Puis sur ce bras le soir vient allonger ses manches

Mettant l'ombre aux collines et le feu aux nuées

A l'heure où les cigales prennent enfin leur revanche

Se moquant de la sieste des oiseaux muets

 

Avant que la musique ne s'élève et n'enchante

Par dessus le clocher la lune qui sourit

Les spots balaient la scène en étoiles filantes

Au royaume des accords et des chauve-souris

 

images/stories/dsc07215.jpg

 

Et la nuit s'assoupit avant que de s'étendre

en tirant le rideau sur un Petit Givré

qui rend les larmes douces et les sourires tendres

et laisse dans la gorge un goût de bonheur frais

 

A M., Barjac-Bruxelles, juillet-août 2015

Mis à jour (Mercredi, 19 Août 2015 05:47)

 

Arthur (pour Coline Malice)



Arthur

(pour Coline Malice)

 

 

Il est 8h, ils dorment tous

Y en a un qui geint l'autre qui tousse

J'erre comme une âme damnée

En quête d'un petit déjeuner

Mais j'vois qu'des fonds d'verres d'alcool

J'ai pas d'bol

 

Il est 10h, pas un d'levé

S'ils croient que j'vais faire le café

Et leur apporter les croissants

Tiens j'en entends un qui descend

Et il m'enlace à m'étouffer

Moi j'veux bouffer

 

        Il est 10h du matin

        J'ai faim

 

J'attraperais bien des mulots

Si le chat fait pas son boulot

Mais ces foutus végétariens

Me traiteraient de bon à rien

« Arthur où t'as mis le corps

Sans notre accord » ?

 

 

Il est 2h, le soleil brûle

Mes poils fondent sous la canicule

La surface d' la piscine scintille

Même ma Coline est partie

Rejoindre les autres dans l'eau

Les salauds

 

       J'voudrais qu'on m'enlève mon poncho

       J'ai chaud

 

Il est 10h la scène s'allume

Je m'allonge sur le bitume

Pourvu qu'ils ne jouent pas trop fort

Dernier regard sur le décor

La lune posée comme un chapeau

Sur le château

 

 

Il est 3h, le bar qui ferme

Des frissons sur mon épiderme

Allez, on rentre à la maison

Mais je la connais la chanson

Tiens v'là Jofroi, v'là Anne Sylvestre

Alors on reste

 

        Il est 5h du matin

        J'ai froid j'ai sommeil et j'ai faim

        Quelle vie de chien !

 

 

images/stories/arthur carpette.jpg

Mis à jour (Vendredi, 14 Août 2015 10:22)

 

Féministe, moi ? Jamais !

FEMINISTE, MOI ? JAMAIS !

 

Féministe, moi ? Jamais !

 

Les petites filles qu'on mutile

Abandonnées bouches inutiles

Vitriolées pour l'idée folle

De vouloir aller à l'école

Mais c'est loin, une telle distance

Qu'on n'y va jamais en vacances !

 

Féministe, moi ? Jamais !

 

Femmes qu'on épie qu'on surveille

Couvertes de la mèche à l'orteil

Ombres noires ou fantômes bleus

Glissant jusque dans nos banlieues

Mais c'est encore loin de chez moi

Et je dis : à chacune sa croix !

 

Féministe, moi ? Jamais !

 

Des cris parfois chez la voisine

On dirait bien qu'on l'assassine

Mais le lendemain elle sautille

Comme une gazelle sur ses béquilles

En se moquant de ses défaillances

Faut pas se fier aux apparences

 

Féministe, moi ? Jamais !

 

Ma propre fille qui soupire

Mariée pour le meilleur et le pire

Elle attend toujours le meilleur

Elle n'a qu'à aller voir ailleurs

Et si elle se trouve trop peu payée

Elle n'a qu'à rester au foyer !

 

Féministe, moi ? Jamais !

 

Féministe, mais enfin, pourquoi ?

Peut-être ailleurs, ou autrefois

Mais aujourd'hui on est égales

Noires jaunes ou blanches, femelles ou mâles

Comme je l'expliquais sans malice

Hier à ma titre-service...

 

Féministe, moi ? Jamais !

Mis à jour (Vendredi, 10 Janvier 2014 15:40)

 

Elle l'a dit ou elle l'a pas dit ? (Ode à Maggie)

Elle l'a dit ou elle l'a pas dit ?

Si elle dit qu'elle ne l'a pas dit

Elle l'a pas dit

Elle sait ce qu'elle dit Maggie

 

Je suis médecin donc très humaine

Pas une impératrice romaine

Le pouce levé c'est pas mon look

Sinon pour liker sur Facebook

Qu'importe qui souffre ou qui saigne

Tout le monde à la même enseigne :

Maladie – diagnostic – potion

Réfugiés – Refus – Expulsion

 

Elle l'a dit ou elle l'a pas dit ?

Elle l'a peut-être dit un lundi

Et puis oublié le mardi

Mais si elle dit qu'elle l'a pas dit

Elle l'a pas dit

Il faut lui faire crédit Maggie

 

Mis à jour (Dimanche, 24 Août 2014 17:26)

 

Jusqu'à 122 ans

Assise devant la fenêtre

Elle regarde passer le temps

Jusqu'à 122 ans peut-être

Pour le record de Jeanne Calmant

 

Elle ne veut plus de leur piqûres

Ni du coiffeur ni du kiné

Chacun de ces gestes qui n'est

Qu'une illusion pour qu'elle dure

 

Elle leur dit rien ça les embête

Elle parle au miroir au plafond

Ce n'est pas qu'elle perde la tête :

Les murs lui parlent elle leur répond

 

Assises devant la fenêtre

Elle écoute filer les saisons

Jusqu'à 122 ans peut-être

Pour une dernière floraison

 

Elle ne veut plus de leurs visites

De leurs sourires endimanchés

Ces visages vers elles penchés

Elle ne sait plus qui les habite

 

Dans l'eau glacée de sa mémoire

Ne surnagent que des fantômes

Un air de musique de foire

La saveur d'un baba au rhum

 

....

 

......

Mis à jour (Mardi, 01 Octobre 2013 14:30)

 
Plus d'articles...