Ceux qui s'en vont

Ceux qui s'en vont d'un pas léger

Ne s'encombrent pour voyager

Ni de regrets ni de chagrins

A l'heure de leur dernier train

Et nous restons là sur le quai

A nous étreindre paniqués

En les regardant disparaître

Tournant le dos à la fenêtre

 

Ceux qui s'en vont n'ont pas un geste

Pour ceux qui restent


Ceux qui s'en vont le coeur devant

La tête traversée de vent

Connaissent toutes nos pauvres ruses

Et nos peines ils s'en amusent

Ils se moquent de nos discours

De nos tardifs serments d'amour

De nos sermons de nos tourments

Et de nos meilleurs sentiments

 

Ceux qui s'en vont souvent détestent

Tous ceux qui restent

 

Ils se moquent de notre deuil

S'ils ont parfois la larme à l'oeil

C'est pas de nous abandonner

Mais nos fleurs leur chatouillent le nez

Pourtant d'un coup de nostalgie

Avant de souffler la bougie

Avant de plonger dans l'effroi

Puisqu'ils n'auront plus jamais froid

 

Ceux qui s'en vont laissent leur veste

A ceux qui restent

 




Mis à jour (Mardi, 01 Novembre 2016 15:53)

 

Chanson pour Zap

On l'avait appelé Zapata, à cause du Z dans la nuque et de sa moustache révolutionnaire. Mais aussi Doun-doun parce qu'avec son petite nez rose, il ne faisait vraiment pas sérieux. Zapata Doun-doun, ça en jette... c'est devenu Zap, et je vous épargne ses innombrables petits noms, plus révolutionnaires les uns que les autres.
La veille de Noël, il a cessé de manger, et non, ce n'était pas une grève de la faim pour une bonne cause. C'est une saleté de truc dégueulasse qui est allé sournoisement se loger dans ses intestins et qui s'est mis à le bouffer de l'intérieur.

Ne me dites pas qu'il ira "au paradis des chats" ; il n'y pas plus de paradis pour les chats que pour les humains, il y a juste tous les souvenirs de ce qu'on a vécu ensemble, les rencontres, les amitiés, les amours et les séparations qui d'une manière ou une autre, restent à tout jamais liées à lui. Nous ferons face le plus dignement possible, le temps qui lui sera encore donné sans souffrir.
Aimer, c'est aussi accepter de laisser partir.

 

 

 

 

 

 

On dira que t'es en vacances

Au pays où les souris dansent

Et j'parierais pas un kopeck

Que tu danseras pas avec

On dira que t'es en voyage

Au pays des petits chats sages

Mais j'miserais pas un radis

Sur ton entrée au paradis

 

Tu n'aurais rien fait pour leur plaire

La moustache révolutionnaire

Et les griffes qui se hérissent

Contre toutes les injustices

La fourrure antiraciste

En noir et blanc qui coexistent

Noir, blanc, c'était notre jeu

Et déjà tu fermais les yeux

 

Tu pars et ce n'est pas ta faute

Mais nous étions félins pour l'autre

T'étais un maillon de la chaîne

Je serai peut-être la prochaine

Mais quand j'aurai l'coeur qui éclate

Qui viendra me tenir la patte ?

Et pour m'remonter le moral

Me caresser dans l'sens du poil ?

 

Tu t'en vas et je reste à quai

Avec ce modeste bouquet

De lettres alignées sur la page

A glisser entre tes bagages

Pas d'urne et pas de caveau

Juste ce monument de mots

Et ce sourire qui se noie

... T'en aurais fait pareil pour moi

 

(Bruxelles , décembre 2015)

Mis à jour (Mercredi, 30 Décembre 2015 17:37)

 

Barjac

Barjac matin

Et la nuit se dissout dans une brume pâle

Le soleil fait de l'oeil entre les volets mi-clos

Les oiseaux se moquant du sommeil des cigales

Tandis que passent au loin les chèvres et leurs grelots

 

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Le chat faisant son tour matinal en cuisine

Contemplant de nos tasses s'élever la fumée

Sur la table dehors un cageot d'aubergines

Posé comme une offrande à nos livres fermés

 

Des matins silencieux aux heures apéritives

Des bouteilles qui tintent des verres entrechoqués

Une envie de fraîcheur, de vent, de source vive

D'un long fleuve intranquille bousculant ses quais

 

Au détour d'une route de villages et falaises

Une modeste rivière coulant sur les cailloux

Il faut croire que la Cèze rimait avec ascèse

Pas plus qu'un filet d'eau sous le soleil voyou

 

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Puis sur ce bras le soir vient allonger ses manches

Mettant l'ombre aux collines et le feu aux nuées

A l'heure où les cigales prennent enfin leur revanche

Se moquant de la sieste des oiseaux muets

 

Avant que la musique ne s'élève et n'enchante

Par dessus le clocher la lune qui sourit

Les spots balaient la scène en étoiles filantes

Au royaume des accords et des chauve-souris

 

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Et la nuit s'assoupit avant que de s'étendre

en tirant le rideau sur un Petit Givré

qui rend les larmes douces et les sourires tendres

et laisse dans la gorge un goût de bonheur frais

 

A M., Barjac-Bruxelles, juillet-août 2015

Mis à jour (Mercredi, 19 Août 2015 05:47)

 

On tourne en rond

Une chanson, c'est un texte, mais aussi une musique, un accompagnement, une voix...

Voici "On tourne en rond", paroles et musique Irène Kaufer, guitare et voix de Julie Carlier

(attention, l'enregistrement, lui aussi, "tourne en rond"... il faut donc savoir l'arrêter avant qu'il ne vous soûle !)

 

https://soundcloud.com/ireneka-785283039/on-tourne-en-rond-1

Mis à jour (Dimanche, 11 Octobre 2015 12:03)

 

Arthur (pour Coline Malice)



Arthur

(pour Coline Malice)

 

 

Il est 8h, ils dorment tous

Y en a un qui geint l'autre qui tousse

J'erre comme une âme damnée

En quête d'un petit déjeuner

Mais j'vois qu'des fonds d'verres d'alcool

J'ai pas d'bol

 

Il est 10h, pas un d'levé

S'ils croient que j'vais faire le café

Et leur apporter les croissants

Tiens j'en entends un qui descend

Et il m'enlace à m'étouffer

Moi j'veux bouffer

 

        Il est 10h du matin

        J'ai faim

 

J'attraperais bien des mulots

Si le chat fait pas son boulot

Mais ces foutus végétariens

Me traiteraient de bon à rien

« Arthur où t'as mis le corps

Sans notre accord » ?

 

 

Il est 2h, le soleil brûle

Mes poils fondent sous la canicule

La surface d' la piscine scintille

Même ma Coline est partie

Rejoindre les autres dans l'eau

Les salauds

 

       J'voudrais qu'on m'enlève mon poncho

       J'ai chaud

 

Il est 10h la scène s'allume

Je m'allonge sur le bitume

Pourvu qu'ils ne jouent pas trop fort

Dernier regard sur le décor

La lune posée comme un chapeau

Sur le château

 

 

Il est 3h, le bar qui ferme

Des frissons sur mon épiderme

Allez, on rentre à la maison

Mais je la connais la chanson

Tiens v'là Jofroi, v'là Anne Sylvestre

Alors on reste

 

        Il est 5h du matin

        J'ai froid j'ai sommeil et j'ai faim

        Quelle vie de chien !

 

 

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Mis à jour (Vendredi, 14 Août 2015 10:22)

 
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