Claques

... au "Manifeste des 343 salauds"

Ce texte de mâles arrogants et sûrs de leur pouvoir doit paraître dans le magazine Causeur, signé par quelques grands amis des femmes comme Zemmour, Beigbeider (qui a relancé le magazine Lui) ou encore Malka, avocat de DSK. "Pour emmerder les féministes", selon Elizabeth Lévy, directrice de rédaction du magazine, ils se sont inspirés du fameux "Manifeste des 343", paru dans le Nouvel Obs en 1971 et signé d'autant de femmes déclarant avoir avorté, à une époque où c'était pénalement punissable.

Les salauds d'aujourd'hui (même pas la peine de mettre des guillemets) et leur prêtresse de Causeur ne savent probablement même pas que l'intitulé "Manifeste des 343 salopes" n'est pas le titre d'origine mais le surnom donné par Charlie Hebdo et rentré dans l'histoire (ce qui prouve combien ce sont les hommes qui font l'histoire). Revendiquant "leurs désirs et leurs plaisirs", ils n'ont même pas le courage (ou les couilles, pour employer leur probable langage) d'affirmer, comme l'ont fait les femmes de 1971, qu'eux-mêmes pratiquent la "liberté" qu'ils revendiquent. Pourtant, contrairement à l'avortement à l'époque, la prostitution n'est pas interdite. Mais peut-être, comme l'écrit toujours la délicieuse Mme Lévy, "ont-ils eu peur de se faire engueuler chez eux ?" Courageux jusqu'au bout de la queue (entre les jambes...)

Et si vous voulez quand même lire le texte entier, volez le Causeur de novembre, mais surtout, ne l'achetez pas.

 

P.S. Et je précise, pour qu'il n'y ait pas de malentendu quant à ma position : je ne me reconnais pas dans l'abolitionnisme, je ne soutiens pas l'idée de la pénalisation du client, et si un jour il existait un "Manifeste des 343" signé par des prostitué/e/s (mais proportionnellement à la réalité, donc pas une majorité d'hommes...), je serais prête à entendre la filiation

 

Mis à jour (Mercredi, 30 Octobre 2013 10:52)

 

... au site Visitbrussels.be


C'est peut-être parce que je viens d'ailleurs, que le français n'est pas ma langue maternelle, que j'ai dû l'adopter, donc l'apprivoiser, découvrir peu à peu ses charmes et ses caprices, mais voilà : je ne supporte pas qu'on malmène cette langue, qu'on la défigure par des anglicismes ou carrément, qu'on remplace des termes pourtant courants par des mots anglais qui n'ont même pas l'excuse d'une nouveauté technique. Et je ne vous parle pas là de personnes qui sont fâchées avec l'école, d'ados voulant passer pour « trendy » ou d'expatriés essayant de trouver un langage commun. Non, je vous parle d'organismes tout à fait officiels et pour le cas qui m'occupe ici, de l'agence de communication chargée de promouvoir le tourisme à Bruxelles.

Voici donc « Visitbrussels.be, Bienvenu sur le site officiel de l'office du tourisme et du mice de Bruxelles, capitale de l'Europe et de la Belgique ». Bienvenu, et mercie pour le mice  (?). Sur la page d'accueil, on lit « Visit.brussels, sized for tourism & meetings ». Attention, on est sur la page en français, il y en a deux autres, en néerlandais et anglais (et même en chinois, dédiée au « luxury shopping »). On y découvre parmi les onglets « trade », « you are/you want », tous termes et expressions qui ne doivent pas avoir leurs équivalents en français. Tout comme « kids », « foodies », « Brussels green » ou « contemporary »... Faudrait peut-être préciser à l'agence de communication que « ville bilingue » ne veut pas dire « ville anglophone ».

Oui mais bon, il y a quand même des passages en français ? En effet, et quel français... Au pire, des fautes, au mieux, du charabia. On découvre ainsi que « En se situant au cœur de l'Europe, Bruxelles a la chance d'avoir des superbes connections aériennes, routières et ferroviaires ». Dans « Bruxelles pratique et en chiffre » (un seul chiffre, voilà un esprit de synthèse !), on peut lire « Destination accessible, prix raisonnables qui respectent le portefeuille de ses visiteurs, quelque (!) soit son âge » (l'âge du portefeuille donc ?). On découvre ainsi qu'une des missions de l'agence est de « concevoir et réaliser sites internet, brochures, produits et objet qui donnent envie de Bruxelles » . On se demande bien quel est ce mystérieux « objet » (unique) qui « donne envie »...

Et si tout cela vous « donne envie » surtout de protester, vous recevrez comme réponse automatique ceci :

"Votre question a été envoyé. Merci pour votre question ou remarque. Celui-ci sera traité dès que possible".

J'attendrai donc, avec curiosité, le réponse à mon question qui est surtout l' expression de mon colère. Bruxelles mérite mieux !

 

... à Mise au Point

Une claque de plus, mais une bien sonnante, à Mise au Point : parler des Femen sans inviter une seule féministe (sous prétexte que les Femen ont refusé) et une femme (sans compétence particulière) pour quatre hommes, fallait le faire.

D'où ces quelques propositions pour de futurs débats de Mise au Point :
- "les syndicats contribuent-ils au progrès social ?" avec pour invités, quelques patrons et un travailleur (UN, parce que comment trouver une travailleuse ?) non syndiqué
- "l'athéisme peut-il être porteur d'une morale ?" avec bien sûr, uniquement des représentants des diverses religions (représentants, bien sûr, parce que les femmes, dans les religions...)
- et enfin, pour termine en beauté : "Quel est l'avenir de la RTBF ?" avec uniquement ds journalistes de RTL.
Après ça, qu'on ne dise pas que je ne fais pas de propositions constructives !
 

...à On n'est pas des pigeons

"Si tu es blonde à forte poitrine, tu as toutes tes chances" d'être invitée au "prime time" (ou pirmate time) de On n'est pas des pigeons, émission à succès de la RTBF, service public.

C'est ici, à 45'12 : http://www.rtbf.be/laune/revoir/detail_on-n-est-pas-des-pigeons?uid=228014475668&;idshedule=5754dd79ee02c33f7a016c2d8ab19803&catchupId=13-TIJIR001-093-PR-1&serieId=13-TIJIR001-000-PR

Et une deuxième baffe à la chroniqueuse qui répond : ""Oh ... c'était de l'humour, vous savez. Potache, certes, mais les hommes de l'équipe sont tous adorables et galants. et c'est une brune à forte poitrine qui vous le dit "

 

Comme quoi on n'est jamais aussi bien asservie que par soi-même

 

... à Aldo Naouri, et au magazine Elle qui publie ses inepties

Aldo Naouri, pédiatre superstar, donne une interview "bouleversante" au magazine Elle. Pour le viol conjugal (d'autant que les femmes n'attendent que ça), contre le mariage pour tous (mais si deux femmes élèvent un enfant, qu'elles lui montrent bien que la place du père est vide...)...

Dans le même élan, une défense de la belle-mère côté père, encore une malheureuse vicitime de la "disparition du patriarcat".

Rien que du très bon !



Mis à jour (Dimanche, 07 Avril 2013 11:38)

 
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