Tout ce que vous n'aurez aucune envie de savoir sur les clichés sexistes

Vous ne le saviez sans doute pas, mais heureusement, la RTBF vous l'apprend : non, le rire n'est pas seulement le propre de l'homme, il y a des femmes qui savent aussi rigoler un bon coup ; et inversement, le corps masculin est capable de produire des larmes. Plus fort encore : toutes les blondes ne sont pas idiotes, prenez Angela Merkel, sûrement pas bête, hein, juste un peu cruelle, demandez donc son avis au peuple grec.

C'est la dernière trouvaille de la RTBF, la « boîte à clichés », des capsules vidéo de 1min30 diffusées avant le JT de 19h30.

Voici comment l'émission est présentée par la RBF : « Les stéréotypes sont présents partout dans les médias (télé, presse papier, internet, réseaux sociaux, cinéma, publicité, etc.). Plutôt que de chercher à traquer les stéréotypes ou à les interdire, "La boîte à clichés" a décidé de les questionner ».

Allons-y pour le "questionnement" : on vous montre un gros cliché puis un contre cliché, genre une blonde intelligente, un homme qui pleure, une femme qui fait rire. Vraiment subversif, quoi. Comme si, dans un autre domaine, on mettait en avant un Ecossais généreux, un Africain qui arrive à l'heure à un rendez-vous, un jeune musulman qui n'insulte pas les homos ou, plus fort encore, un Wallon travailleur et un chômeur flamand. Stéphane Hoebeke, concepteur des capsules, y a bien pensé : « Je suis aussi intéressé par les clichés sur la race et les origines ethniques. Mais là, on marche sur des œufs !», déclare-t-il dans l'Avenir. Alors, pour ne pas de risquer de casser des oeufs, il a décidé de s'en tenir aux poules. 

Un à un, les clichés sont donc démontés par une voix off. Une voix... d'homme. S. Hoebeke avoue avoir hésité : « Il a un moment été question d’un duo, mais certaines séquences sont lourdes de sens et deux voix différentes auraient encore compliqué les choses. On a finalement pris un homme. Sachant qu’un autre cliché veut que les femmes soient réduites aux rôles invisibles, comme les voix off… » Tandis que les femmes totalement absentes, aussi bien en off qu'en on, ce n'est pas un cliché mais juste la triste réalité.

A pirori, on ne voyait pas ce qui destinait Stéphane Hoebeke, juriste à la RTBF, à réaliser ce genre de capsules. A posteriori non plus d'ailleurs, tellement c'est plat... Il est certes l'auteur d'un livre sur le sujet (1), ce qui l'a dispensé de consulter l'une ou l'autre féministe qui aurait pu lui donner des idées un peu plus... comment dire ? Intéressantes ? Vraiment à contre-courant ? Par exemple sur les « différences » entre cerveaux masculin et féminin ou sur le don « naturel » des femmes à s'occuper des enfants. Mais non. Il n'a pas besoin d'elles pour ses « questionnements » à haute valeur ajoutée.

Tenez : dans les prochaines séquences, on nous annonce une capsule sur les femmes qui ne sont pas toutes maladroites (ça alors !) ou, audace suprême révélée par le même article de l'Avenir, le cliché de la domination masculine. Oui, Stéphane Hoebeke vous le révélera : les femmes dominées, c'est juste un cliché. « Il ne cache pas que dans la société, c’est souvent l’homme qui mène les fonctions de leader, mais il montre des contre-exemples… », écrit l'Avenir. Ben tiens, pour en revenir à notre exemple du début, prenez Angela Merkel et un pensionné grec, et qui c'est qui domine, hein, hein ?

A voir (ou à éviter) sur la Une télé, du lundi au vendredi à 19h25


(1) Ben non, je ne vous donne pas les références, aucune envie de lui faire de la pub.

Mis à jour (Vendredi, 16 Novembre 2012 11:44)

 

La chasse au Deborsu

Mis à l'écart de son poste. Interdit de participer à un débat, de signer des dédicaces à la Foire du Livre d'Anvers. Appel à boycott de son éditeur.... Décidément, pour avoir mis le nez dans les petits et grands secrets (vrai ou faux) de la famille royale, Frédéric Deborsu a droit à un traitement « royal », lui aussi (1). La chasse au Deborsu semble ouverte : ça le rendrait presque sympathique.

Mais Frédéric Deborsu est aussi l'auteur d'une autre oeuvre controversée : un reportage de Questions à la une (2) sur le thème : faut-il craindre la montée de l’islam en Belgique ?

Un reportage caricatural, qui instruisait uniquement à charge, et qui a soulevé une émotion compréhensible chez les musulmans, mais pas seulement : bien que moins virulente que Phlippe Moureaux qui l'avait comparé à Goebbels (3), j'avais aussi écrit une lettre de protestation au service médiation de la RTBF et interpellé le journaliste lui-même, lui reprochant notamment de taper sur les plus vulnérables (4).

 

Mis à jour (Dimanche, 04 Novembre 2012 14:54)

 

Desperate Poors: Saison 2

L'actualité, la semaine passée, c'était cette vague de chaleur inattendue, ce bout d'été en plein octobre, le soleil généreux qui faisait briller de mille feux les feuilles d'automne – vous je ne sais pas, mais moi j'ai bien profité d'un week-end romantique à deux avec balades dans les bois, accès au wellness et bulles au petit déjeuner.

Cette semaine, l'actualité, c'est le froid qui arrive, ce bout d'hiver à l'entrée de novembre, la pluie, le vent, et bientôt, la « découverte » de ces sans abris qui vont encore devoir se les geler dans leurs cartons humides, quel scandale quand même, et dire qu'on n'en savait rien, jusqu'aux plus hautes sphères de l'Etat !

Heureusement que la RTBF, très consciente de son rôle de service public, veille au grain et même au flocon (de neige). Dans les coulisses, on s'agite déjà. Après l'énorme succès de la série « Desperate Poors » de février dernier (à ne pas confondre avec Standard & Poor's, bien qu'elle mérite un AAA+), on prépare la suite. La première saison s'appelait « Opération Hiver ». La saison 2 s'intitulera « Personne ne veut pas prendre sa place ! » On y verra des miséreux, filmés en gros plan, avec un bol de soupe fumant tout juste amené de la cantine et une bonne bière à la main (une Gueuze, quoi d'autre !)

 

Mis à jour (Samedi, 27 Octobre 2012 16:56)

 

Skier en Israël

Bon, les ami/e/s autant vous l'annoncer tout de suite : cette année, je n'irai pas skier en Israël. Pas seulement parce que d'une part je ne skie pas, et que d'autre part au Mont Carmel, la neige est rare. Non, c'est pour de tout autres raisons, que je vous explique ci-après.

Donc, ce 1er novembre, au collège Ozar Hatorah à Toulouse, François Hollande assistait à une cérémonie d'hommage aux victimes de Mohamed Merah qui, le 19 mars dernier, a tué ici trois enfants et un adulte pour le seul motif qu'ils étaient juifs.

Jusque là, rien à redire, même si une cérémonie réunissant l'ensemble des proches de toutes les victimes, aurait sans doute été plus « républicaine ». Car dans son équipée meurtrière, Merah a aussi tué des militaires français, chrétiens et musulmans (et qui sait, peut-être même athées...)

Mais le vrai malaise venait du personnage qui accompagnait le président français : Benjamin Netanyahou, premier ministre israélien et candidat à sa propre succession lors des prochaines élections qui auront lieu dans moins de trois mois.


Mis à jour (Dimanche, 04 Novembre 2012 15:21)

 

Sexe, trahisons et autre babioles

Chez Femma, organisation flamande de défense des droits des femmes, on est plutôt contentes : en Flandre, « une commune sur quatre est colorée femme » (1). Dans 75 communes sur 308, les femmes représentent entre 40 et 60% des élu/e/s. Ce qui paraît normal avec des listes paritaires... On pourrait dire aussi, à l'inverse, que trois communes sur quatre présentent l'anomalie de compter moins de 40% de femmes au conseil communal. Mais soit : Femma préfère voir le verre au quart plein qu'aux trois quarts vide. Information aussitôt reprise par la presse, et triomphalement : « Vrouwen aan de top », titre De Standaard (2).

Pour ce qui concerne la Wallonie, on est passés en six ans de 31,8 à 34,8% de femmes élues. A cette allure, on peut espérer que la parité soit à peu près atteinte avant le débarquement des Martien/ne/s.

Et encore, ces « progrès » ne concernent que les conseillères communales : gageons que quand on parlera de postes d'échevin/e et plus encore de bourgmestres, la proportion de femmes fondra comme les glaciers de l'Antarctique. Plutôt que les « vrouwen aan de top » du Standaard, on retrouvera le « plafond de verre » relevé par Martine Maelschalck dans l'Echo (3) : pas étonnant que ce soit relevé par une femme, de surcroît la seule rédactrice en chef d'un grand quotidien francophone (si je ne me trompe). Pour prendre l'exemple d'Ecolo-Groen, certainement les deux partis les plus sensibles (ou les moins insensibles) à l'égalité hommes/femmes, leur progression se traduit par la désignation de 8 bourgmestres (un à Bruxelles, deux en Flandre et 5 en Wallonie : 8 hommes.

Ce « plafond de verre » existe donc bel et bien, quoique l'expression ne soit pas satisfaisante. Elle suggère en effet qu'il est « invisible », portant une part de mystère qui le rend d'autant plus difficile à franchir. Mais il n'est pas ni mystérieux ni invisible : il est fait de vaisselle, de lessive, de couches, de casseroles et de fers à repasser. Pas tellement « en verre » que ça, ou alors en verre sale.

 

Mis à jour (Mercredi, 17 Octobre 2012 14:54)

 
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