Le genou

On le voit pointer sous le jean's

Plus coquin qu'on ne l'imagine

Et se glisser avec malice

Dans les creux et les interstices

Si on le chasse il fait la moue

Le genou

 

Au printemps il se déshabille

Clin d'oeil sous les jupes des filles

En été sous les bermudas

Il abandonne le célibat

Sur la piste il fat le fou

Le genou

 

Comme le roseau à chaque pas

Toujours il plie mais ne rompt pas

Si on l'enferme il fait le mur

En grimpant le col du fémur

Sa liberté fait des jaloux

Le genou

 

A force de rouler sa bosse

Il arrive qu'il tombe sur un os

Sur une rotule éméchée

Ou un ménisque mal léché

Et le voilà à terre tout mou

A genoux

 

Laissons-leur ces ébats joviaux

Leurs épanchements synoviaux

Laissons les donc s'apprivoiser

S'unir nos ligaments croisés

De vous à moi, du je au nous

Nos genoux

 

Pas de sous pas de soucis

Ne blâmez pas le millionnaire

Fidèle électeur du MR

Dont soudain le coeur défaille

Quand plonge la Bourse de Shangaï (aïe aïe…)

Moi je me sens comme un roi mage

Avec mes allocs de chômage

Un gros tas d’actions non merci

Pas de sous, pas de soucis

 

Pitié pour l' banquier en détresse

Sa vie n’est que déprime et stress

Doit-il acheter ou bien vendre ?

Faut-il résister ou se pendre ?

Moi je m'aménage une planque

Dans les trous de mon compte en banque

Paradis fiscal non merci

Pas de sous pas de soucis


........

Mis à jour (Dimanche, 24 Janvier 2016 12:26)

 

Chanson pour Zap

On l'avait appelé Zapata, à cause du Z dans la nuque et de sa moustache révolutionnaire. Mais aussi Doun-doun parce qu'avec son petite nez rose, il ne faisait vraiment pas sérieux. Zapata Doun-doun, ça en jette... c'est devenu Zap, et je vous épargne ses innombrables petits noms, plus révolutionnaires les uns que les autres.
La veille de Noël, il a cessé de manger, et non, ce n'était pas une grève de la faim pour une bonne cause. C'est une saleté de truc dégueulasse qui est allé sournoisement se loger dans ses intestins et qui s'est mis à le bouffer de l'intérieur.

Ne me dites pas qu'il ira "au paradis des chats" ; il n'y pas plus de paradis pour les chats que pour les humains, il y a juste tous les souvenirs de ce qu'on a vécu ensemble, les rencontres, les amitiés, les amours et les séparations qui d'une manière ou une autre, restent à tout jamais liées à lui. Nous ferons face le plus dignement possible, le temps qui lui sera encore donné sans souffrir.
Aimer, c'est aussi accepter de laisser partir.

 

 

 

 

 

 

On dira que t'es en vacances

Au pays où les souris dansent

Et j'parierais pas un kopeck

Que tu danseras pas avec

On dira que t'es en voyage

Au pays des petits chats sages

Mais j'miserais pas un radis

Sur ton entrée au paradis

 

Tu n'aurais rien fait pour leur plaire

La moustache révolutionnaire

Et les griffes qui se hérissent

Contre toutes les injustices

La fourrure antiraciste

En noir et blanc qui coexistent

Noir, blanc, c'était notre jeu

Et déjà tu fermais les yeux

 

Tu pars et ce n'est pas ta faute

Mais nous étions félins pour l'autre

T'étais un maillon de la chaîne

Je serai peut-être la prochaine

Mais quand j'aurai l'coeur qui éclate

Qui viendra me tenir la patte ?

Et pour m'remonter le moral

Me caresser dans l'sens du poil ?

 

Tu t'en vas et je reste à quai

Avec ce modeste bouquet

De lettres alignées sur la page

A glisser entre tes bagages

Pas d'urne et pas de caveau

Juste ce monument de mots

Et ce sourire qui se noie

... T'en aurais fait pareil pour moi

 

(Bruxelles , décembre 2015)

Mis à jour (Mercredi, 30 Décembre 2015 17:37)

 

Ceux qui s'en vont

Ceux qui s'en vont d'un pas léger

Ne s'encombrent pour voyager

Ni de regrets ni de chagrins

A l'heure de leur dernier train

Et nous restons là sur le quai

A nous étreindre paniqués

En les regardant disparaître

Tournant le dos à la fenêtre

 

Ceux qui s'en vont n'ont pas un geste

Pour ceux qui restent


Ceux qui s'en vont le coeur devant

La tête traversée de vent

Connaissent toutes nos pauvres ruses

Et nos peines ils s'en amusent

Ils se moquent de nos discours

De nos tardifs serments d'amour

De nos sermons de nos tourments

Et de nos meilleurs sentiments

 

Ceux qui s'en vont souvent détestent

Tous ceux qui restent

 

Ils se moquent de notre deuil

S'ils ont parfois la larme à l'oeil

C'est pas de nous abandonner

Mais nos fleurs leur chatouillent le nez

Pourtant d'un coup de nostalgie

Avant de souffler la bougie

Avant de plonger dans l'effroi

Puisqu'ils n'auront plus jamais froid

 

Ceux qui s'en vont laissent leur veste

A ceux qui restent

 




Mis à jour (Mardi, 01 Novembre 2016 15:53)

 

On tourne en rond

Une chanson, c'est un texte, mais aussi une musique, un accompagnement, une voix...

Voici "On tourne en rond", paroles et musique Irène Kaufer, guitare et voix de Julie Carlier

(attention, l'enregistrement, lui aussi, "tourne en rond"... il faut donc savoir l'arrêter avant qu'il ne vous soûle !)

 

https://soundcloud.com/ireneka-785283039/on-tourne-en-rond-1

Mis à jour (Dimanche, 11 Octobre 2015 12:03)

 
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